L’hypersensibilité

Les grandes caractéristiques de l’hypersensibilité

La personne hypersensible capte plus d’informations qu’une personne neurotypique (personne non hypersensible). De plus, ces informations ont un impact beaucoup plus fort chez la personne hypersensible.

L’hypersensibilité n’est ni une maladie, ni un syndrome (ensemble de symptômes caractérisant un état pathologique). Cette caractéristique est innée : le système nerveux central est plus sensible et le cerveau fonctionne un peu différemment que chez les neurotypiques (personnes non hypersensibles).

Prenons un exemple : Julie, hypersensible et Fanny, neurotypique sont deux amies qui aiment découvrir ensemble de nouveaux restaurants. Lorsqu’elles sont dans un nouveau restaurant, Julie attire très souvent l’attention de Fanny sur des éléments de décoration (visituel), sur la musique d’ambiance (auditif) et bien sûr, sur les caractéristiques gustatives de leurs plats. Elle commente souvent la bonne ou mauvaise humeur de leur serveur. Elle a tout simplement capté davantage d’informations que Fanny.

L’hypersensibilité est un trait de tempérament qui concerne environ 20% de la population. Elle est également observée chez les animaux. C’est donc une caractéristique qui s’est maintenue ou est apparue au cours de l’évolution. Les biologistes en ont conclu que les hypersensibles avaient un rôle à jouer dans l’évolution des espèces, probablement celui de réfléchir avant d’agir.

Le grand problème de l’hypersensibilité surgit lorsque trop d’informations sont captées par le cerveau et que ce dernier ne peut plus les traiter. On parle alors de surstimulation. En cas de surstimulation, la personne hypersensible n’a plus qu’une envie : fuir toute forme de stimulation. Elle peut devenir irritable, se sentir stressée ou ressentir une intense fatigue.

Ainsi, quand Julie et Fanny sortent du restaurant, il est possible que Julie soit un peu grognon car il y avait beaucoup de bruit et d’agitation dans cet endroit. Alors que Fanny est enchantée du bon moment qu’elles ont passé ensemble.

Le stress et l’hypersensibilité

Nous venons de voir que la surstimulation peut être source de stress pour une personne hypersensible. Mais ce n’est pas la seule origine possible du stress.

Une personne hypersensible perçoit parfaitement qu’elle ne fonctionne pas de la même manière qu’une personne neurotypique. Beaucoup plus rarement, elle en connaît la raison. Se sentir différent et plus vite surstimulé peut être source de stress.

Ainsi, Julie peut s’en vouloir d’être grognon en sortant du restaurant alors que Fanny a passé un bon moment. Elle ne comprend pas pourquoi c’est parfois difficile de profiter en toute simplicité de ces moments de partage avec Fanny.

Le monde apparaît plus complexe aux hypersensibles. Des nuances captées par eux seuls créent entre les choses des liens invisibles pour les neurotypiques. Cette complexité peut être stressante. En planifiant une action, l’hypersensible percevra certainement des risques et conséquences de cette action qu’un neurotypique n’aura pas perçus. Un détail qui sera très important pour un hypersensible, sera à peine pris en considération par un neurotypique. Cette complexité dans la perception du monde est source de stress. Tout paraît plus simple pour les neurotypiques. Les hypersensibles sont souvent perçus et en arrivent à se percevoir, comme des « coupeurs de cheveux en quatre ». Cette déviance par rapport à la norme est source de stress.

Quand Julie et Fanny se décident à tester un nouveau restaurant, Julie envisage d’emblée tous les aspects de cette sortie : le déplacement, l’heure du rendez-vous et donc l’heure à laquelle elle devra arrêter son activité précédente, la météo prévue pour ce jour et donc sa tenue vestimentaire, etc etc. Fanny quant à elle, réglera ces aspects au fur et à mesure.